5ème Atelier dédié à l’Outre-mer- Le littoral Guyanais sous influence amazonienne

Avec la collaboration d’Interco’ Outre-mer et la présence du Président Mikidache HOUMADI sur place, EUCC France-Réseau Européen des littoraux a organisé son 33ème atelier national et 5ème  sur un territoire d’outre-mer.

Durant 5 jours une délégation, composée de scientifiques, d’experts, d’universitaires, d’élus et services de l’Etat, a sillonné le territoire Guyanais à la recherche d’une meilleure compréhension des spécificités de son littoral.

A l’instar de l’ensemble des territoires littoraux, l’aménagement du littoral Guyanais confronte la nécessité de répondre à des besoins tout en préservant l’environnement naturel. Particulièrement mobile, le littoral Guyanais nécessite des adaptations et innovations quasi-permanentes pour assurer sa préservation. De cayenne à Saint-Laurent-du-Maroni, en passant par Mana, Awala-Yalimapo, Sinnamary et Kourou, la délégation a pu constater l’impact d’éléments naturels cumulés (changement climatique, mobilité de la mangrove, envasement, invasion des sargasses,  …) sur l’utilisation et la gestion du littoral.

Les visites de sites et débats ont tourné autour de 3 axes principaux :

Axe 1 : De la compréhension à la prise de décision

A été soulignée la nécessité des recherches et connaissances scientifiques dans l’aide à la décision des gestionnaires du littoral. Toutefois au-delà de la connaissance, il est primordial d’assurer la suite par la vulgarisation, l’explication et la transmission de ces connaissances. La concertation entre communauté scientifiques et décideurs publiques doit être quasi-systématique pour aménager le littoral au plus proche des réalités (humaines, sociales, environnementales…) des territoires.

Axe 2 : Comment tenir compte des réalités/spécificités des territoires littoraux ?

Le littoral Guyanais, s’il pose singulièrement les problèmes de la mobilité et de la temporalité, connaît des contraintes et enjeux semblables aux autres territoires littoraux nationaux et ultramarins. C’est unanimement que les intervenants et participants à l’atelier ont relevé une réglementation européenne et nationale inadaptée à ces enjeux, avec à l’appui l’exemple de la Loi Littoral. Pour exemple le territoire Guyanais est aujourd’hui confronté à des situations insensées à l’instar de certaines franges rétro-littoral soumises à la loi littoral sans aucune considération et logique réelles.

La nécessaire existence de la loi littoral n’est pas remise en cause, toutefois se pose l’urgence d’adapter certaines de ses dispositions aux réalités des territoires et aux connaissances scientifiques. L’aménagement du littoral suppose en premier lieu du « bon sens », qui semble aujourd’hui impossible au regard de cette réglementation et d’une vision dogmatique des décideurs publics du littoral considérés comme des bétonneurs. La loi doit être infléchie et plus que d’une main fébrile afin d’adapter le droit aux réalités des territoires et non l’inverse.

Axe 3 : Comment valoriser les territoires littoraux ?

La valorisation semble possible en développant l’économie et en s’appuyant sur le potentiel humain local. Le volet formation doit également trouver sa place et être développé.

Il serait également judicieux de dépasser les frontières et miser sur la coopération internationale avec les zones à proximité.

 

Téléchargez le Livret_guide_Guyane_EUCC– Le Réseau Européen des littoraux, dédié à ce 5ème Atelier ultramarin.

Retrouvez le reportage diffusé par la chaîne Guyane la 1ère le lundi 11 mars 2019.